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Caca la bagnole !
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A l'heure où nos poumons fermentent et que nous subissons plus que jamais les sévices de la pollution
automobile - immonde asphyxie urbaine, distillée quotidiennement pour le bien de nos mollets qui ne supportent
plus la marche, et sous le honteux prétexte "qu'il faut bien aller au boulot" - on nous annonce avec des airs
de victoire que la 82e édition du salon de l'automobile a été "un grand cru".
Le saint pèlerinage de la bagnole s'est achevé il y a quelques heures, et les constructeurs se
réjouissent déjà du sinistre chiffre des ventes de leurs tacots high-tech et meurtriers, dont la
puissance motrice n'a plus rien à envier à celle des surgénérateurs nucléaires
(520 chevaux pour la dernière Mercedes Coupé !!!). Aux dernières estimations, plus de 730 000
accros au monoxyde de carbone, avides d'embouteillages pédestres et de prêts personnels se sont
bousculés au salon pour assouvir leurs envies de "liberté" et occasionner une croissance des ventes de
10%.
Les "Sales Manager" mettent le nombre de visiteurs et le chiffre des ventes au compte de la confiance que les
consommateurs éprouvent envers l'économie actuelle. Il faut dire que le climat économique a tout
pour inspirer la confiance : Avec un gouvernement qui, visiblement conscient de son incapacité à
créer les 200 000 emplois qu'il aimerait avoir "lapsussé", décide de mettre la pression sur les
chômeurs en leur promettant de nouvelles mesures de contrôle à en faire pâlir Staline, ou encore
Ford qui ferme ses portes à Gand, Kodak qui licencie 20% de son personnel, sans oublier les faillites
épisodiques de nos compagnies aériennes, que demander de plus au niveau de la confiance et de la
sécurité !
Alors vive la bagnole ! Vous aurez tout le temps de faire valoir vos 520 chevaux et de songer aux 48 nouvelles
échéances qu'il vous reste à honorer, lorsque demain matin vous contemplerez, perplexe, le cul
d'une Fiat Punto qui tout comme vous prend du retard sur le viaduc Hermann-Debroux.
Pour info, Helmut Newton, lui aussi, adorait la bagnole. Adieu Helmut.
Frédéric DUBOIS
01.2004 |
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